Appel de Cantona – A suivre ou à fuir ?

Outre ses talents de footballeur et de comédiens, Eric Cantona aime nous faire des petites sorties de temps en temps.  Aujourd’hui, il est le buzz du moment !  Lançant un appel pour que tout le monde vide son compte bancaire le 7 décembre 2010, les réactions se sont multipliées.  Même Junkers a renvoyé Cantona dans son filet !

Eric Cantona

Eric Cantona

La vraie question est pourquoi cet appel et pourquoi fait-il le buzz ?

En reprenant les fondamentaux du système bancaire, il faut se rappeler que l’ensemble du système financier repose sur la confiance.  Aussi étrange que cela puisse paraître, chacun d’entre nous accepte de donner une valeur à un morceau de papier (la monnaie) et ensuite de le confier à des gens qui ne nous sont pas proches (les banques).

Cela va même beaucoup plus loin.  Tous les jours des millions d’ordre d’achat ou de vente sont donnés par téléphone sans aucune forme de sécurité.  Si vous êtes patron de PME et que vous communiquez à votre banquier une situation provisoire, il vous fait confiance.  Les exemples sont légions; même si tout cela est encadré par des contrats ou parfois des engagements écrits.

Le fondamental étant la confiance.  Toute remise en doute de cette confiance fragilise considérablement le système.  Quand Lehman a fait faillite, les banques ont perdu confiance en leurs pairs et le système s’est grippé.  Le crédit interbancaire s’est raréfié.  Les transactions de produits complexe se sont arrêtés.

Les seuls à pouvoir rétablir la confiance ont été les Etats.  Le message a été:  ’Nous ne laisserons pas les banques faire faillite’.  Injection de cash, pseudo-nationalisation…  tout a été fait pour rétablir la confiance perdue.

Mais faut-il rappeler que les banques sont des entreprises avant tout ?  Comme toute entreprise, les moins bonnes doivent disparaître !  En empêchant les plus mauvaises de faire faillite, l’Etat vicie le système.  Il aide les canards boiteux, celles qui ont fait de mauvais choix, pris des risques inconsidérés.  De plus, le message sous-jacent garantissant l’impossibilité de faillite d’une banque les pousse vers encore plus de risque.  L’Etat signe un chèque en blanc créant un filet de sécurité qui semble absolu.  Quelle entreprise ne rêverait pas d’avoir ça ?  Entreprenez, prenez des risques.  Si vous perdez, on vous rembourse !  Le fameux adage de ‘privatisation des bénéfices, socialisation des pertes’.

Pourquoi en est-on arrivé là ?

A force de réglementation, l’Etat a mis des barrières à l’entrée tellement élevées qu’aujourd’hui démarrer une activité bancaire demande des moyens immenses.  Donc, les banques vivent dans un système corporatiste limitant de facto le nombre d’acteurs.

Pour flatter leur ego national, les Etats ont poussé les banques à grandir, grandir pour devenir immenses.  Le résultat est un nombre restreint de banques ayant un poids gigantesques.  Lorsque celles-ci font de mauvais choix; elles menacent l’ensemble du secteur.  C’est le syndrome du ‘too big to fall’.

La conjonction de ces éléments conduit à la défiance des clients.  L’appel de Cantona n’en est qu’un symptôme.  Il a le mérite de mettre le doigt où ça fait mal.

Deux solutions se profilent: voir les banques comme un besoin social primordial et donc les nationaliser afin d’en faire un service public ou accepter que les banques fassent faillite et créer plus de concurrence afin d’en limiter leur taille.

La première solution risque vite de dégénerer en un système peu créatif et coutant très cher.  La deuxième, au contraire, permettra à la créativité et à l’esprit d’entreprise de se développer.

Le message de Cantona devrait être écouté par la classe politique: arrêtons de protéger les banques, réduisons leur taille et permettons aux meilleurs d’entre elles de sortir du lot.

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