Comment votre PME doit réagir face aux troubles financiers ?

La fin des vacances approche et l’avenir financier est incertain.  Je profite de ce dimanche pluvieux pour vous livrer quelques réflexions issues de mon expérience.

Voici brièvement quelques précautions à prendre pour préserver votre entreprise:

Gestion du cash

Votre priorité aujourd’hui est que le cash de votre PME se retrouve disponible dans vos caisses et pas ailleurs.

- Diminuer vos stocks.  Profitez de la fin de l’été pour faire un inventaire et liquider rapidement ce qui traine sur vos racks ou sur vos palettes.

- Balance client.  Relancez tous vos débiteurs.  Mettez en place des procédures de rappel systématiques et n’hésitez pas à être plus sticts avec vos clients sur le respect des engagements financiers.  Vous n’êtes pas là pour jouer le banquier de vos clients !

- Balance fournisseurs. L’idéal est de payer vos créditeurs en temps et en heure.  Si vous éprouvez des difficultés à le faire; communiquez clairement avec eux.  Ne les mettez pas devant le fait accompli !  Certains seront prêts à faire des efforts.  D’autres ont même des instructions pour être souples (certains créditeurs institutionnels).

- N’oubliez jamais qu’on ne prête qu’aux riches! Soignez votre rating crédit en travaillant votre réputation.  Evitez les incidents de crédit répertoriables (assignation ONSS, condamnation, chèque sans provision, traite sans couverture, …).  Ceux-ci viendront noircir votre réputation auprès des assurances-crédit qui font la pluie et le beau temps sur votre scoring.

Risk Management

Vous aurez compris depuis 2009 que les banques peuvent faire faillite.  Que se passerait-il si votre banque était mise en faillite ?

La première chose à faire est de diversifier vos banques.  Vous devez avoir une relation sérieuse avec un minimum de 3 banques.  Je conseille souvent 2 grandes banques et une plus petite.  Assez paradoxalement, les petites banques sont plus à l’abri d’une défaillance que les grandes.

Sortez vos contrats de crédit en cours et répondez aux questions suivantes:

- Sous quelles conditions votre banque peut-elles dénoncer les crédits unilatéralement ?

- Les garanties données en échange existent-elles toujours ?  Qu’est-il prévu si les garanties données n’existent plus ?

- Quelle est l’étendue de vos garanties personnelles ?  Etes-vous solidairement responsables de ces garanties ?

- Quelles sont les conditions de renouvellement des crédits court-terme (ligne de crédit, straight loan, etc. ) ?

Vos placements de trésorerie sont-ils couverts si la banque est en banqueroute ?  La garantie étatique s’y applique-t-elle ? Vérifiez que votre banque est membre du fond de protection ici pour la Belgique et ici pour la France et que les personnes morales sont couvertes.  Dans tous les cas, la garantie se limite à 100.000 EUR par personne physique et par établissement de crédit.

Etes-vous couverts contre la défaillance de vos débiteurs ?

Que se passe-t-il si vos plus gros clients défaillent ?  Renseignez-vous sur leur rating de crédit et surtout sur les informations les plus récentes que vous pouvez obtenir.  Si vous êtes le premier à sentir un problème survenir, vous aurez probablement le temps de réagir avant les autres créditeurs…

Vous achetez ou vendez dans une autre monnaie que l’Euro ?

Ne pariez pas sur une variation des taux de change.  Couvrez-vous !  Les produits d’assurance sont nombreux et fiables.

Vous n’achetez ni ne vendez pas directement dans une autre monnaie que l’Euroe ?  Soyez plus malin que vos concurrents.  Analysez où achètent vos fournisseurs.  Probablement qu’une partie de leurs achats se fait hors zone euro.  Leur prix de revient dépend donc d’une autre monnaie; ce qui aura une incidence sur votre futur prix d’achat.  Rien ne vous empêche de vous couvrir contre ces variations.

Ce raisonnement est valable aussi pour le prix des matières premières…

Investissements

Quelle attitude avoir face aux investissements déjà prévus ?  Faut-il les postposer ?

L’incertitude économique ne signifie pas un arrêt des investissements.  Seule la logique qui les sous-tend peut être différente.

La plus importante question est : en cas de forte crise, la valeur de mon investissement risque-t-elle de diminuer fortement ?

Imaginez que vous achetez une machine que vous pourrez trouver avec un fort discount ou en occasion récente dans quelques mois ?  La question est encore plus pertinente pour l’immatériel.

Comment allez-vous financer ces investissements ?  Quelles garanties allez-vous octroyer pour financer cet investissement ?

Opportunités

Toute crise économique est négative pour certains acteurs et une opportunité pour d’autres.  Faites partie de ceux-là.

La meilleure manière d’y arriver est d’être préparé.  Une bonne structure financière, des risques limités et être prêt à saisir les opportunités.

Vos concurrents les plus faibles souffriront plus que vous et risquent de disparaître.  Cela vous fera une opportunité de croissance à bon compte.  Soyez prêts !

Entourez-vous de spécialistes

La mise en place des quelques recommandations ci-dessus  représente pas mal de travail et de connaissances techniques.  N’hésitez pas à vous faire accompagner dans ces processus par des spécialistes ayant l’expérience requise.

Ce post ne se veut pas exhaustif; ce sont juste quelques réflexions issues de mon expérience récente auprès des PME qui me font confiance.

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